Est de la RDC : la guerre détruit l’agriculture et aggrave la malnutrition

À l’est de la République démocratique du Congo, l’agriculture, principale source de revenus et de survie pour de nombreuses familles, paie un lourd tribut à la guerre. Dans des territoires comme Masisi, les champs sont devenus des zones à haut risque, exposés aux bombes, aux engins explosifs et à l’insécurité permanente. Résultat : les récoltes s’amenuisent et la malnutrition gagne du terrain.

Pour de nombreux cultivateurs, la guerre n’a pas seulement déraciné des familles, elle a également détruit leur unique espoir de subsistance. Les explosions, en plus de chasser les agriculteurs de leurs terres, laissent derrière elles des résidus chimiques qui altèrent la croissance des plantes.

« Les réactions chimiques émanant des balles et engins explosifs ne permettent pas une croissance normale des plantes », témoigne Maombi Ngaboheka, cultivateur du village de Bishange, dans le territoire de Masisi.

Ces perturbations ont un effet direct sur la sécurité alimentaire. Même en cultivant de vastes étendues, les rendements sont quasi inexistants.

« On peut cultiver même 5 hectares mais au final on ne va rien produire de l’année. Ce que nous avons fait, c’est un travail inutile », ajoute l’agriculteur.

La rareté des récoltes fragilise davantage les ménages, déjà appauvris par les déplacements forcés et l’absence d’opportunités économiques. Les rares denrées qui arrivent à pousser sont consommées malgré les risques sanitaires liés aux effets chimiques des engins explosifs.

« Nous n’avons pas de nourriture. Lorsque l’on a faim, on n’a pas le choix. On mange d’abord ce qu’on a », confie un villageois.

Cette réalité met en évidence le cercle vicieux dans lequel se trouvent les communautés rurales de l’est du Congo : la guerre détruit les champs, la production agricole s’effondre, et la malnutrition progresse dangereusement, particulièrement chez les enfants et les femmes.

Au-delà des pertes agricoles, c’est la survie même des familles qui est en jeu. La guerre, en privant les populations de leur moyen de subsistance, accentue une crise alimentaire silencieuse qui pourrait avoir des conséquences dévastatrices sur toute une génération.

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Are you human? Please solve:Captcha