
Au village Kabale Katambi, dans le territoire de Nyiragongo, l’organisation Hypernikāo a animé une séance d’éducation sur la santé sexuelle et reproductive au Complexe scolaire Académie des Patriotes. Destinée aux élèves âgés de 12 à 18 ans, l’activité a porté principalement sur la gestion du cycle menstruel et la promotion de la masculinité positive, deux thématiques encore entourées de silence et de préjugés dans plusieurs communautés.
Déconstruire les mythes et les idées perçues liés à la santé menstruelle figurait parmi les priorités de cette rencontre. Filles et garçons ont été outillés sur la compréhension du cycle menstruel, la tenue d’un calendrier menstruel et les bonnes pratiques d’hygiène. L’approche adoptée a volontairement inclus les garçons, afin de rappeler que la question menstruelle n’est pas exclusivement féminine mais relève d’un enjeu social et éducatif collectif.

Chanceline IRANZI, élève en quatrième HTN, n’a pas caché son enthousiasme à l’issue de la séance. Un sujet longtemps considéré comme honteux ou tabou a été abordé ouvertement, suscitant curiosité et engagement.
« L’organisation Hypernikāo vient de nous sortir de l’ignorance », a-t-elle déclaré avec conviction.
Si, au départ, une certaine timidité était perceptible dans la salle, l’échange s’est progressivement transformé en un moment d’apprentissage participatif. Les élèves ont multiplié les questions et partagé leurs expériences.
« Nous avons appris aujourd’hui comment gérer le cycle menstruel, comment tenir son calendrier. Mais le plus important, c’est que nous avons compris que c’est un sujet important et intéressant. C’est tout à fait normal d’en parler », a ajouté Chanceline.
La séance ne s’est pas limitée à la biologie. Les intervenants ont également introduit les cinq piliers de la masculinité positive, invitant les garçons à adopter des comportements fondés sur le respect, le leadership responsable, l’estime de soi, l’égalité et la non-violence. BAUMA Eric, élève de la deuxième année HTN, participant à la séance, a exprimé son engagement à promouvoir ces valeurs.

« Je viens de comprendre pourquoi il est important de soutenir et d’être aux côtés des filles comme partenaires de changement plutôt que d’encourager les moqueries ou les violences contre elles, que ce soit à l’église, à l’école ou à la maison », a-t-il affirmé.
Pour l’administration scolaire, l’impact de la séance est indéniable. Pascal KAMBALE, préfet des études de l’établissement, a salué l’initiative et l’intérêt manifesté par les élèves.
« Nos élèves ont été vraiment intéressés par la matière. Cela démontre à quel point ce sujet est important pour eux. Il est donc important qu’Hypernikāo puisse revenir pour approfondir d’autres thématiques du genre », a-t-il déclaré.
Brave KAFUMBIRI, responsable de programme au sein de l’organisation, estime que ce type d’intervention répond à un besoin urgent d’éducation adaptée aux réalités des jeunes.
« Nous constatons que les adolescents ont soif d’informations fiables et adaptées à leur âge. Lorsque nous créons un espace sécurisé et respectueux, ils s’expriment librement et apprennent avec enthousiasme. Il est essentiel d’étendre ces séances à d’autres écoles, car l’accès à une information juste sur la santé sexuelle et reproductive contribue directement à la dignité, à la confiance en soi et à la prévention des violences basées sur le genre », a-t-il expliqué.


Outre la sensibilisation, Hypernikāo a également distribué des kits de dignité aux participantes, un geste concret pour soutenir la gestion hygiénique des menstruations et réduire l’absentéisme scolaire lié au manque de moyens.
