Une réalité dont on ne parle pas souvent, pourtant une urgence. En République Démocratique du Congo, 69 % des femmes et des filles ne jouissent pas de leur droit fondamental à disposer librement de leur corps.

C’est ce que révèle un récent rapport du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), qui met en lumière les restrictions persistantes concernant les choix en matière de relations sexuelles, de contraception et de soins de santé sexuelle et reproductive.
Ces statistiques alarmantes traduisent les lourdes conséquences des normes sociales patriarcales, du manque d’accès à l’information, et des inégalités de genre profondément enracinées dans la société congolaise. Pour des millions de femmes, cela signifie ne pas pouvoir dire non à une relation sexuelle, ne pas avoir accès aux méthodes de contraception modernes, ou encore se voir refuser des soins essentiels liés à la grossesse ou à la maternité.
« L’autonomie corporelle est un droit humain fondamental. Ne pas pouvoir décider pour soi-même, c’est une forme de violence invisible mais dévastatrice », alerte une militante féministe basée à Goma.
Malgré les efforts de plusieurs organisations locales et internationales pour promouvoir les droits sexuels et reproductifs, les défis restent immenses: le manque de structures adaptées, faible couverture des soins de santé, tabous culturels, et violences basées sur le genre.
À l’heure où les débats sur les droits des femmes s’intensifient dans le pays, ces données statistiques devraient être un signal fort pour les décideurs politiques, les leaders communautaires et la société civile. Il est temps de garantir à chaque femme congolaise la liberté de choisir pour elle-même.
