
En ce jour de célébration de la Journée internationale de la femme africaine, les projecteurs se tournent vers une catégorie souvent marginalisée mais essentielle dans les processus de paix, les femmes victimes de guerre à l’Est de la République démocratique du Congo.
Depuis plus de deux décennies, les provinces orientales de la RDC, notamment le Nord-Kivu, Sud-Kivu et l’Ituri, sont en proie à des conflits armés récurrents : Pillages, déplacements forcés, violences sexuelles utilisées comme armes de guerre , les femmes paient un lourd tribut.
Mais ces femmes refusent de rester des éternelles victimes. De la victime à la bâtisseuse, certaines femmes à l’Est de la RDC refusent de ne rien faire.
« Nous avons connu l’horreur, mais nous refusons de rester silencieuses. La paix ne se construira pas sans nous », affirme Madame Henriette Ea.
Dans des marchés, des associations locales ou encore au sein des comités de paix, les femmes jouent un rôle central dans la reconstitution du tissu social. Certaines facilitent le dialogue entre communautés en conflit. D’autres s’impliquent dans des activités économiques collectives pour en même temps soutenir leurs familles mais aussi renforcer la cohésion sociale dans ces communautés. D’autres, cherchent à briser le « tabou » et le silence autour des questions de viols ou d’abus sexuel, exigeant vérité, justice et réparations auprès de différentes instances.
Des organisations comme FEMME.CD, VIFEDE, SOFEPADI, ou encore la Synergie des femmes pour les victimes de violences sexuelles, accompagnent les femmes dans leur transformation en actrices du changement. Leurs témoignages deviennent une force mobilisatrice, leurs initiatives, des semences d’espoir. Toutefois, le defis demeure important malgré leur rôle essentiel, les femmes restent sous-représentées dans les processus officiels de paix, à differents niveaux.
Pourtant, les résolutions 1325 (Femmes, paix et sécurité) et 2250 (Jeunes, paix et sécurité) des Nations Unies encouragent leur participation active pour la construction de la paix et la cohésion sociale.
« Intégrer les femmes dans les processus de paix, ce n’est pas une faveur, c’est une nécessité », affirme la Coordinatrice de FEMME.CD
À travers cette journée de la femme Africaine, il est essentiel de rappeler qu’il n’y a pas de paix durable sans la justice, la reconnaissance des dommages causés et l’inclusion totale et non symbolique des femmes dans la reconstruction.
C’est un appel lancé aux autorités, aux parties prenantes, aux organismes internationaux et nationaux ainsi qu’aux composantes de la société civile : écoutez, impliquez et soutenez les femmes.
Car derrière chaque village reconstruit, chaque dialogue communautaire réussi, chaque enfant retourné à l’école, il y a souvent une femme qui s’est levée, malgré la douleur, pour défendre la vie et refuser de rester une éternelle victime de la guerre.
