Lors d’une conférence de presse à Genève, le porte-parole de l’UNICEF, James Elder, a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur dramatique des violences sexuelles infligées aux enfants dans l’Est de la RDC.

La situation humanitaire à l’est de la République démocratique du Congo atteint un seuil d’horreur insoutenable. Lors d’une conférence de presse au Palais des Nations à Genève, le 11 avril dernier James Elder, porte-parole de l’UNICEF, a dénoncé l’usage systématique des violences sexuelles comme arme de guerre, ciblant particulièrement les enfants.
Selon les premiers rapports, entre janvier et février 2025, près de 10 000 cas de viols et de violences sexuelles ont été signalés dans la région. Ce qui alarme le plus les acteurs humanitaires, c’est que les enfants représenteraient entre 35 % et 45 % des survivants. Autrement dit, un enfant est violé toutes les 30 minutes dans cette zone en proie à une escalade du conflit armé.
« Il ne s’agit pas d’incidents isolés, mais d’une stratégie délibérée de terreur », a souligné James Elder, évoquant des cas de survivants âgés de seulement quelques années. « Ces actes détruisent des familles, des communautés entières.
L’UNICEF rappelle que les chiffres avancés pourraient ne représenter que la partie visible de l’iceberg, tant la peur, la stigmatisation et l’insécurité empêchent encore de nombreuses victimes de témoigner ou de chercher de l’aide. Cette réalité rend l’urgence d’agir d’autant plus pressante.
Dans son appel, James Elder a également mis en lumière les conséquences dramatiques des coupes budgétaires internationales sur les services de prise en charge des victimes. Dans un hôpital visité, 127 survivantes de viol n’avaient pas accès aux kits de prophylaxie post-exposition, essentiels pour prévenir les infections comme le VIH.
« Ces filles et ces femmes endurent des horreurs inimaginables, et pourtant, elles ne peuvent même plus recevoir les soins médicaux de base dont elles ont cruellement besoin », a-t-il déploré.
Le témoignage bouleversant d’une fillette de 13 ans, violée, tombée enceinte et contrainte à une césarienne, illustre crûment l’ampleur de la tragédie.
« Je suis une petite fille. Je ne sais pas comment être mère », lui a-t-elle confié.
À l’est de la rdc milieu en proie à une insécurité croissante, touchant particulièrement des femmes et des jeunes filles, d’où la necessité de sensibiliser les parties prenantes.
