
Après une première journée consacrée aux bases de l’entrepreneuriat et du leadership féminin dans le secteur agricole, le jeudi 9 octobre 2025, la deuxième journée de l’atelier de formation des femmes agricultrices a porté sur le thème : « la gestion et l’organisation d’entreprises »
Cet atelier s’inscrit dans le cadre d’une formation de cinq jours lancée à Goma par l’Alliance Biodiversity, le Centre International d’Agriculture Tropicale (CIAT) et l’Alliance Panafricaine pour la Recherche sur les Haricots (PABRA), dans le cadre du projet « Beans For Women Empowerment » (B4WE) financé par les Affaires mondiales Canada (GAC).
La session, facilitée par la structure d’accompagnement KALA, a réuni 20 femmes agricultrices, productrices de semences et commerçantes issues de différentes organisations paysannes (OP) et associations féminines des territoires de Masisi, Rutshuru et Nyiragongo. Elle vise à outiller ces femmes actives dans la culture du haricot en matière d’entrepreneuriat et de leadership, afin de développer et professionnaliser leurs activités.

Espoir Biringanine Balolebwami, consultant en entrepreneuriat et formateur du jour, est revenu sur les éléments constitutifs d’une entreprise : matériel, ressources financières, gestion des ressources humaines, etc. Il a ensuite introduit la notion de la gestion et organisation des entreprises. Pour lui, ces notions permettront aux participantes de passer d’une agriculture de subsistance à une véritable agriculture économique. Elles apprendront à valoriser leurs travaux et à gérer leurs stocks pour éviter la consommation intégrale de leurs récoltes.
« Nous avons parlé avec les femmes de la gestion et de l’organisation de l’entreprise. Parlant de la gestion, on voit les éléments qui la composent, entre autres les équipements, les personnes et les moyens financiers. À part cela, nous avons discuté autour de la gestion des stocks, comment les femmes doivent gérer leurs productions après récolte pour éviter les pourritures et/ou la consommation immédiate de toutes leurs récoltes. Nous n’avons pas fini sans aborder la gestion des ressources humaines. Nous avons appris comment les femmes, cheffes d’entreprises, doivent gérer leurs travailleurs et collaborateurs dans les travaux de champ ou de commercialisation. »

Vision, mission, valeurs et objectifs d’un entrepreneur agricole
Outre la gestion d’entreprise, le formateur a introduit la notion de vision, mission, objectifs et valeurs d’un entrepreneur. Selon lui, cet outil est essentiel pour orienter une entreprise vers un but précis et constitue une base solide pour persévérer malgré les défis rencontrés.


Pour Ndoolé Mbizi Keren, commerçante et cultivatrice de haricots à Mutaro (Nyiragongo), cet atelier a été une véritable révélation.
« Avant cette formation, je travaillais sans savoir que je pouvais monter une entreprise à partir de mes activités agricoles. Je ne savais pas que je devais avoir un carnet de finances pour éviter des dépenses inutiles et suivre mon évolution sur le plan financier. Avant, je donnais des crédits sans noter, mais j’apprends que ce n’est pas une bonne pratique pour le business. Je remercie l’Alliance Biodiversity et le CIAT pour cette opportunité combien importante pour les femmes de mon secteur, surtout dans la culture du haricot. »
Elle ajoute avoir appris à fixer des objectifs et à définir une vision et une mission pour son entreprise.
« Moi, en tant que cultivatrice et commerçante de haricots, ma vision est de devenir une commerçante internationale des haricots et ma mission est de cultiver et commercialiser les haricots. Pour y arriver, je vais mettre en avant les qualités d’un bon entrepreneur que j’ai apprises, notamment la persévérance et la collaboration avec les autres acteurs de ma chaîne de valeur. »

De son côté, Rebecca Banzi Espérance, productrice de haricots dans le territoire de Rutshuru, affirme avoir identifié les causes de certaines difficultés qu’elle rencontre dans son travail.
« Après cette formation, je viens de découvrir que nous, cultivatrices, rencontrons certains problèmes dans notre travail parce que nous avons une mauvaise gestion de nos ressources et des recettes perçues après nos récoltes. Personnellement, j’avais du mal à différencier la vision et la mission. Aujourd’hui, en tant que productrice de semences, je me fixe comme vision de devenir une grande productrice de semences améliorées. Ma mission sera de lancer un projet pour promouvoir la femme agricultrice dans notre territoire de Rutshuru afin qu’elle soit autonome grâce à son travail d’agricultrice. »
En clôture de la journée, le formateur a échangé avec les participantes sur quelques projets simples que les agricultrices pourraient initier dans leurs milieux respectifs, en tenant compte des réalités locales.
