GOMA : GRECOM réunit les acteurs de la filière apicole pour trouver des solutions durables aux défis du secteur

L’entreprise Green Community Mind (GRECOM) en collaboration avec la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) a tenu, ce vendredi 17 octobre 2025, à Goma, un atelier de concertation réunissant les acteurs de la chaîne de valeur apicole en République Démocratique du Congo. Cette rencontre a rassemblé, en présence des décideurs étatiques, plusieurs organisations et associations d’apiculteurs ainsi que de petits producteurs de miel venus de différents territoires des provinces du Nord et du Sud-Kivu.

L’objectif de ces assises était d’évaluer l’état des lieux du secteur de l’apiculture dans les deux provinces et d’identifier des pistes de solutions palliatives aux problèmes réels auxquels font face les apiculteurs, dans le but d’améliorer ce secteur clé pour la sécurité alimentaire, mais encore trop souvent négligé.

Selon Déborah NZARUBARA, apicultrice et Directrice Générale de l’entreprise GRECOM, cet atelier visait à permettre aux apiculteurs et petits producteurs de miel d’exprimer les défis qu’ils rencontrent au quotidien, afin que la GRECOM puisse proposer des pistes de solutions à travers une approche numérique et des méthodes adaptées aux nouvelles technologies.

État des lieux et défis des apiculteurs dans les territoires

Dans sa présentation de l’état général du secteur apicole, Gervais Yade, apiculteur du territoire de Rutshuru, a rappelé le rôle essentiel que joue l’abeille dans la sécurité alimentaire.

« Au-delà de la production du miel, l’abeille reste un acteur majeur de la pollinisation des plantes, ce qui en fait l’un des facteurs clés d’un bon rendement agricole », a-t-il expliqué.

Cependant, poursuit-il, l’élevage des abeilles fait face à plusieurs défis, notamment l’insécurité qui provoque la destruction des ruches, le vol du matériel et l’impossibilité pour certains apiculteurs d’accéder à leurs fermes. À cela s’ajoute l’absence d’un cadre légal protégeant les acteurs du secteur et réglementant la commercialisation du miel, entraînant la prolifération de produits de mauvaise qualité sur le marché.

Pour Nyandugu Alphonsine, apicultrice à Rutshuru, l’insécurité demeure le problème majeur :

« Chez nous à Rutshuru, le défi principal reste la sécurité de nos ruches. Il arrive que des assaillants brûlent nos pâturages, et nos ruches ne sont pas épargnées. Les voleurs savent quand nous sommes en période de récolte : ils nous devancent et volent notre miel sans modération, ce qui freine la croissance des colonies d’abeilles. Même lorsque nous attrapons ces voleurs, les autorités ne réagissent pas, faute de textes légaux pour nous protéger. »

Du côté du territoire de Walikale, Hangi Gérard, apiculteur, a lui aussi évoqué la question sécuritaire tout en soulignant le manque de reconnaissance du métier d’apiculteur :

« À Walikale, l’élevage des abeilles est encore nouveau. Les apiculteurs ne sont pas considérés au même titre que les éleveurs de vaches ou de chèvres. Pourtant, nos activités sont essentielles. Certains éleveurs amènent leurs troupeaux dans nos installations, causant la fuite des abeilles ou la destruction des pâturages nécessaires à la production. Par ailleurs, le changement climatique complique nos conditions de travail. Nous avons besoin de formations pour mieux nous adapter. »

Pour Shukuru Makeke, représentant du Réseau des Apiculteurs de Nyiragongo (RAN), le principal défi est l’accès aux ruches :

« Le problème actuel, c’est l’impossibilité pour certains apiculteurs d’accéder à leurs ruches à cause de l’insécurité persistante. En plus, nos ruches sont souvent détruites par des personnes qui ignorent l’importance des abeilles. Nous souhaitons que les apiculteurs soient identifiés et reconnus officiellement, afin d’éviter les usurpations et les vols de miel sur le marché. »

Dans le territoire d’Idjwi (Sud-Kivu), Olivier Bunyona, éleveur et agriculteur, a quant à lui insisté sur la nécessité de certifier le miel vendu sur le marché :

« La première difficulté à Idjwi, c’est le manque de matériel adapté, ce qui affecte directement notre production. Avec les méthodes traditionnelles, la production reste faible. Ensuite, sur le marché, nous faisons face à une concurrence déloyale de faux apiculteurs qui vendent du miel de mauvaise qualité à bas prix. Il est urgent d’identifier les vrais apiculteurs, de certifier les produits et de réglementer les prix pour assainir le marché. »

Les solutions proposées par la GRECOM

Après avoir recueilli les difficultés des apiculteurs de ses zones d’intervention, la directrice générale de GRECOM, Déborah NZARUBARA, a annoncé plusieurs initiatives déjà en cours pour répondre à ces défis.

Concernant la sécurité et la qualité du miel, GRECOM a développé la solution Nyuki Tech, une innovation numérique qui permet aux apiculteurs d’accéder en temps réel à des informations sur les marchés, aux alertes climatiques et à des conseils techniques. Cette plateforme sera accompagnée d’une « Api Card », une carte munie d’une puce d’identification destinée à chaque apiculteur enregistré.

Par ailleurs, l’entreprise envisage la création d’un laboratoire de certification du miel afin d’assurer la qualité des produits mis sur le marché. Une autorisation étatique est déjà en cours pour rendre cette initiative opérationnelle.

À propos de GRECOM

Green Community Mind (GRECOM) est une entreprise engagée dans l’apiculture régénérative depuis près de cinq ans. Elle accompagne les petits producteurs dans les territoires de Masisi, Rutshuru, Walikale et Nyiragongo (Nord-Kivu), ainsi que Kalehe et Idjwi (Sud-Kivu), avec pour mission de valoriser l’apiculture durable comme pilier de la sécurité alimentaire et de la résilience communautaire.

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