Nord-Kivu : Le CIAT et PABRA forment 30 enseignants sur la nutrition et la culture du haricot bio-fortifié dans le cadre du projet B4WE

Nord-Kivu : Le CIAT et PABRA forment 30 enseignants sur la nutrition et la culture du haricot bio-fortifié dans le cadre du projet B4WE

Le Centre International d’Agriculture Tropicale (CIAT) et l’Alliance Panafricaine pour la Recherche sur les Haricots (PABRA) ont formé, du vendredi 05 au samedi 06 septembre 2025 à Goma, 30 gestionnaires d’écoles et enseignants venus des territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi, dans la province du Nord-Kivu. Cette formation portait sur l’importance de la consommation des haricots bio-fortifiés dans l’alimentation quotidienne des enfants et des ménages, les atouts économiques de la culture du haricot ainsi que la promotion du genre dans la chaîne de valeur.

Cette activité, organisée dans le cadre du projet « Beans For Women Empowerment » (B4WE) financé par Affaires mondiales Canada (GAC), était principalement axée sur le pilier de la nutrition qui vise à lutter contre la malnutrition par la promotion de la culture du haricot. Elle a également couvert les autres piliers du projet B4WE, notamment le genre, l’agro-business, le système semencier et l’accès à la terre.

L’objectif était de sensibiliser et de former les enseignants sur l’importance d’une alimentation à base de haricots, en leur fournissant les compétences nécessaires pour encourager leur consommation et initier des actions concrètes capables de provoquer des changements comportementaux positifs dans leurs communautés. Pendant deux jours, plusieurs thématiques ont été développées, dont « La bio-fortification et la nutrition », présentée par le Programme national de nutrition du Nord-Kivu (PRONANUT), et « L’intégration du programme de nutrition, santé et environnement dans l’éducation nationale », facilitée par la Province éducationnelle Nord-Kivu 1.

De la bio-fortification et la nutrition

Cette thématique a été abordée par Théophile Sunzu, nutritionniste et chargé de programme au PRONANUT. Il est revenu sur les notions générales de nutrition et de sécurité alimentaire. Selon lui, l’objectif est de lutter contre les carences en micronutriments essentiels à la santé humaine, que l’on retrouve dans les haricots bio-fortifiés.

« Au cours de cette formation, nous avons revu les notions générales sur la nutrition, parlé de nutrition saine et de malnutrition. Nous avons également abordé la bio-fortification des cultures de haricot, riches en fer, zinc, iode, etc. Tout cela afin que ces gestionnaires d’écoles soient formés et puissent, à leur tour, pérenniser la culture du haricot », a-t-il confié.

Le deuxième jour, la formation a porté sur la sécurité alimentaire, la sécurité nutritionnelle et l’hygiène alimentaire. Le facilitateur a donné des orientations sur la manière dont les aliments doivent être traités, du champ jusqu’à la consommation.

De l’intégration du programme de nutrition dans les programmes scolaires

Cette partie a été animée par Jacques Kibanja Lushala, conseiller au sein de la Province éducationnelle Nord-Kivu 1. Il a expliqué l’importance de l’intégration des disciplines liées à la santé, à l’environnement et à la nutrition dans le système éducatif congolais, ainsi que la manière dont elles doivent être enseignées dans les écoles de la province.

« Depuis l’école primaire et secondaire, ces disciplines sont intégrées dans le système éducatif congolais. Au niveau primaire, c’est l’éducation à la vie et à la santé ; au niveau secondaire, il existe des cours de nutrition dans certaines options. Mon rôle était de rappeler aux gestionnaires d’écoles que ces cours doivent être pris au sérieux, car ils touchent directement à la santé humaine », a-t-il expliqué.

Il a également insisté sur le potentiel économique du haricot :

« Ces cours, au-delà d’être importants pour la santé, peuvent aider les enfants à économiser de l’argent et à répondre à leurs besoins primaires. »

Agro-business, genre et accès à la terre

Les enseignants ont également été formés à l’agro-business par Paulin Njingulula, qui a montré comment la culture du haricot peut contribuer à la survie d’un ménage. Pour le cas des enseignants, il a proposé la mise en place d’une caisse commune d’intérêt pour acquérir des champs et des semences.

Les enseignants ont également suivi une formation sur le genre et accès à la terre, animée par Lucky Kalisya, chargé des droits fonciers au sein du programme B4WE. À cette occasion, il a présenté une nouvelle approche visant à faciliter l’accès à la terre pour les enseignants des écoles primaires et secondaires.

Cette approche repose sur la solidarité et la mutualisation des efforts : chaque enseignant intéressé est invité à se regrouper avec d’autres collègues dans un groupe d’environ dix personnes, à définir des cotisations mensuelles et à formaliser un texte de solidarité. Ce mécanisme, soutenu par le projet B4WE, permet d’acheter des parcelles à tour de rôle, selon un ordre convenu collectivement.

L’initiative inclut aussi la sécurisation mutuelle des membres, l’implication et le consentement des épouses dans le processus, l’identification commune des concessionnaires prêts à céder une partie de leurs terres, ainsi que la collaboration avec une institution de microfinance pour sécuriser les cotisations. De cette manière, les enseignants peuvent progressivement agrandir leurs espaces cultivables, tout en renforçant leur autonomie et leur sécurité foncière.

Perspectives

Selon Richard Kataliko, consultant au sein du CIAT Nord-Kivu, cette formation sera suivie d’expérimentations sur le terrain. Chaque école participante dispose déjà d’un champ qui servira de site de test.

L’expérimentation consistera à comparer les semences de haricot non bio-fortifié avec celles de haricot bio-fortifié, selon des variétés adaptées aux milieux. Les résultats permettront de tirer des conclusions et d’encourager les écoles à amplifier la culture du haricot bio-fortifié.

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