Après plusieurs territoires dans le SUD-KIVU, le centre international d’agriculture tropical (CIAT) et l’Alliance panafricaine pour la culture du haricot (PABRA) ont entamé dans le territoire de Rutshuru en province du Nord-Kivu, ce jeudi 21 Août 2025, une campagne de sensibilisation communautaire sur les violences basées sur le genre à l’Est de la RDC dans le cadre du projet Beans for Woman Empowerment (B4WE).

Cette campagne accueillie à Kiwanja par les partenaires d’AJCDKI et facilitée par les partenaires du Groupe d’Etudes et d’Actions pour un Développement bien défini (GEAD), Ligue pour la Solidarité Congolaise (LSC) et la Division Genre a réuni plusieurs dizaines de leaders communautaires, parmi eux des hommes, femmes et enfants leaders d’organisations paysannes et d’associations.

À en croire Richard KATALIKO, consultant au sein du CIAT, la campagne vise à promouvoir les droits des femmes et à encourager l’inclusion dans les communautés locales en instruisant les communautés mixtes pour aboutir à un monde plus équitable, particulièrement dans la culture du haricot et dans toute sa chaîne de valeur :
« L’objectif est d’instruire les communautés mixtes afin de construire un monde plus équitable, notamment dans la culture du haricot et l’ensemble de sa chaîne de valeur », a-t-il déclaré.

Le message principal de la campagne « Dites NON aux Violences Basées sur le Genre ! »
Déroulement de la campagne
La campagne de sensibilisation a réuni une centaine de participants dont les femmes, qui étaient majoritaires, les hommes et enfants, parmi eux, des leaders communautaires et des représentants d’organisations paysannes.

Au cœur de l’activité de sensibilisation, une pièce théâtrale, adaptée aux réalités du milieu, a porté le message principal. Partant des stéréotypes sur la femme jusqu’aux réalités existentielles et à la recherche de solutions, la captivité humoristique des scènes de la pièce et l’aisance dans les jeux d’acteurs ont permis une passation fluide du message.

La deuxième étape de la campagne a consisté à une séance de facilitation abrégée autour des comportements à adopter pour combattre les violences basées sur le genre dans les communautés locales. Jean-Pierre MUHIMA pour le GAD, Naomie MUGHOLE pour la LSC et ANTOINETTE NGALIA pour la Division Genre, ont tous facilités la sensibilisation en partant de l’identification des VBG, à l’explication de celles-ci jusqu’aux moyens de lutte.



Au terme de la scéance d’échanges, les facilitateurs sont passés à une étape de questions-réponse. Les participants, hommes et femmes, ont exposés les réalités dans leurs milieux et des leçons tirées des explications des facilitateurs.

Pour l’une de participantes à la campagne, cette activité été nécessaire dans ces milieux où le travail champêtre reste encore l’une de principales sources de subsistance pour des familles.
« L’homme n’est pas le seul problème, il doit aussi devenir un acteur central dans la lutte contre les VBG », a-t-elle souligné.
De son côté, Aminah kabugho, représente des enfants de Rutshuru, a affirmé que les jeunes filles de son territoire sont toujours victimes d’écartement en ce qui concerne l’éducation et sont exposées aux mariages forcés. Elle a également soulevé la discrimination en ce qui concerne les travaux champêtres
« Seules les filles sont forcées à travailler au champ et même pour des travaux ménagers. Les garçons sont libre de tout faire à leur guise. Les parents encouragent ce comportement des garçons et ça nous fait travailler doublement.» a-t-elle déclaré à l’issue de la séance.
Elle a par ailleurs exprimé sa détermination à agir :
« A mon niveau en tant qu’une enfant, je vais faire tout pour restituer ce que je viens d’apprendre à d’autres enfants et surtout à mes parents pour que les choses puissent changer dans ma communauté. Je n’ai pas tous les moyens qu’il faut mais je vais essayer », a ajouté Amina kabugho avant de remercier le CIAT pour cette initiative combien importante
Beans for woman impowerment (B4WE) est un projet qui vise l’autonomisation de la femme à travers la culture du haricot dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-kivu et Tanganyika. Ce projet se construit sur 5 piliers à savoir; la nutrition, l’agro-business, le système semencier, le genre et le droit foncier.
