Le Nord-Kivu connaît une augmentation sans précédent des cas de violences basées sur le genre (VBG), avec un total de 27 328 cas enregistrés au cours du deuxième semestre de cette année, contre 20 771 cas pour l’ensemble des deux semestres de l’année 2023 dans la province.
Ces chiffres ont été révélés lors du lancement de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, le lundi 25 novembre. C’est le ministère du Genre, à travers sa représentation au Nord-Kivu, qui a fourni ces données alarmantes sur les VBG, dont les principales victimes sont des femmes et des jeunes filles.
Les formes les plus courantes, selon la division du Genre au Nord-Kivu, incluent notamment le phénomène « sexe pour survie », qui implique la victimisation des femmes déplacées contraintes de céder à ces pratiques en quête de moyens de subsistance, faute d’assistance alimentaire suffisante. Parmi les autres formes de VBG présentes dans la province, on note les abus sexuels dans les maisons de tolérance et la naissance d’enfants dont les pères sont étrangers ou inconnus.
Face à cette situation alarmante et à l’aggravation des conditions de vie des femmes au Nord-Kivu, des organisations de la société civile et la division du Genre ont formulé une série de recommandations pour répondre efficacement à cette urgence humanitaire.
Parmi ces recommandations, les organisations ont demandé la restauration de la paix dans toute la province, avec la reprise du contrôle des zones occupées par les rebelles du M23 et leurs alliés.
Le renforcement de la sécurité dans les camps de déplacés, notamment par des mesures de contrôle strictes sur la circulation des armes.
Le soutien financier accru des partenaires techniques et financiers aux organisations dirigées par des femmes.
Parmi ces recommandations, il a également été souligné l’importance pour les organisations de la société civile d’intensifier la sensibilisation communautaire sur la prévention des violences faites aux femmes et aux jeunes filles, la lutte contre le recrutement d’enfants au sein des groupes armés.
Enfin, ces organisations ont insisté sur la nécessité de mettre en œuvre des initiatives permettant d’assurer la prise en charge et l’autonomisation des femmes et des filles survivantes de violences basées sur le genre, y compris celles victimes d’abus sexuels dans le contexte des conflits armés.
Ange Kahemulo

