RDC : Plus de 8 000 détenus évadés en trois mois, une menace sécuritaire grandissante

La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une crise sécuritaire majeure avec l’évasion de plus de 8 000 détenus des prisons situées dans l’est du pays entre janvier et mars 2025. Cette situation alarmante, révélée dans un rapport des Nations Unies, découle en grande partie des combats opposant les forces gouvernementales aux groupes armés tels que le M23 et les Forces démocratiques alliées (ADF).

Image de la prison centrale de Goma après incendie déclenché lors de l’évasion fin janvier 2025. © FEMMECD | 📸 Ange KAHEMULO

Les établissements pénitentiaires de l’est du pays, déjà fragilisés par l’instabilité, ont été pris pour cible à plusieurs reprises. Selon l’ONU, 7 208 détenus se sont évadés de trois prisons majeures : la prison centrale de Munzenze à Goma (4 709 évadés), la prison de Bukavu (2 278 évadés) et celle de Kabare (221 évadés).

Parmi eux, 4 502 sont considérés comme des détenus à haut risque, notamment des membres des ADF, un groupe affilié à l’État islamique, connu pour ses attaques sanglantes contre les civils en RDC et en Ouganda.

Au-delà des évasions liées aux conflits, des attaques ciblées ont aggravé la situation. Le 19 février, des déserteurs des Forces armées de la RDC (FARDC) ont pris d’assaut la prison d’Uvira, libérant 553 détenus, dont d’anciens militaires. De plus, plus de 300 prisonniers se sont échappés de la prison centrale de Kalemie lors d’une autre attaque.

Avec un total de 8 064 prisonniers évadés, la libération massive de criminels de guerre et de chefs de milices violentes pose un risque majeur pour la sécurité nationale. L’ONU craint que ces individus ne rejoignent des groupes armés actifs ou ne reprennent les armes contre les forces congolaises, intensifiant les tensions et les violences dans une région déjà marquée par des décennies d’instabilité.

Face à cette crise, le gouvernement congolais subit une pression accrue pour restaurer l’ordre et éviter une nouvelle escalade de la violence. Des mesures urgentes s’imposent pour sécuriser les prisons, améliorer les conditions de détention et prévenir de futures évasions qui pourraient encore aggraver la situation humanitaire.

Auteur/autrice

  • Ange KAHEMULO

    Journaliste engagée dans la lutte contre les violences basées sur le genre et œuvre activement pour sensibiliser et informer sur ces problématiques. Fact-checker et licencié en communication, il est passionnée par l’écriture et le journalisme web. Il s’intéresse particulièrement à l’actualité et au respect des droits des femmes.

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