Nord-kivu: Le cauchemar de Tuishime Zawadi, une deplacée dont le camp a été ravagé et qui ne peut pas retourner dans son village

Nord-kivu: Le cauchemar de Tuishime Zawadi, une deplacée dont le camp a été ravagé et qui ne peut pas retourner dans son village

Samedi 1ᵉʳ février 2025, il est 8 heures et 40 minutes, le soleil est déjà presque brûlant, comme celui de midi. Nous sommes sur le site des déplacés de Kahembe, en territoire de Nyiragongo, à une dizaine de kilomètres au nord de la ville de Goma.

Tuishime Zawadi, la trentaine et mère de quatre enfants, est en train de recoller les morceaux de sa tente, une semaine après l’entrée du M23/AFC dans la ville de Goma. Cette entrée a entraîné des déplacements massifs de la population des périphéries de Goma ainsi que des déplacés qui ont quitté leurs sites pour s’abriter au centre-ville de Goma, fuyant les bombes et les balles qui tombaient sur leurs abris.

« Moi, je n’ai pas fui loin, mais à mon retour, regardez ce qu’il reste de notre site. »Témoigne madame Zawadi.

Le site de Kahembe, qui abritait plusieurs milliers de déplacés, n’en compte plus que quelques dizaines, ceux dont les tentes ont été épargnées. C’est un désert qui subsiste, et ces déplacés sont sommés de retourner dans leurs villages d’origine par le M23, qui estime, selon ces deplacés, avoir déjà « libéré ces entités-là ».

Mais madame Tuishime Zawadi ne peut pas y retourner :

« Chez moi, c’est à Tongo, au-delà même de Tongo », explique-t-elle. Ici, c’est dans le territoire de Rutshuru. « Je ne peux pas y retourner. J’y irais comment ? Par quel moyen ? On n’est pas sûr qu’il y ait la sécurité. Et mes champs ont été occupés par d’autres personnes, je ne vois pas comment on survivrait là-bas. »

Le site de Kahembe disparaît et, pendant ce temps, il n’y a plus d’aide humanitaire.

Camps de déplacés autour de Goma détruit lors des combats. 📸 @meschac-tsongo

Les toilettes aussi

« Même les toilettes sont parties. Et maintenant, on nous demande de quitter cet endroit, mais où veulent-ils qu’on aille ? »

Zawadi et ses enfants n’ont nulle part où aller. Elle ne sait pas non plus où se trouve son mari depuis les affrontements de la semaine dernière. Elle préfère rester sur ce site désert, sans toilettes, sans eau, et dans une tente bricolée, plutôt que de retourner dans son village à l’aveuglette.Pendant que certains déplacés retournent dans leurs villages d’origine, d’autres, qui sont encore dans des camps, attendent que la sécurité soit garantie dans ces zones et espèrent recevoir de l’aide humanitaire.Depuis la prise de Goma par le M23, les assistances humanitaires ont été suspendues dans les camps de déplacés, en raison de la situation sécuritaire, selon plusieurs organisations internationales et locales.

Meschac Tsongo

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