Depuis le 18 janvier 2025, l’intensification des affrontements entre les rebelles du M23 et les Forces armées de la RDC (FARDC) a provoqué une crise humanitaire majeure dans les territoires de Kalehe (Sud-Kivu) et Masisi (Nord-Kivu). Alors que la situation sécuritaire se détériore rapidement, les activités humanitaires, pourtant cruciales, ont été temporairement suspendues dans plusieurs zones touchées, indique le Bureau de la coordination des affaires humanitaires(OCHA) dans un rapport publié ce mardi 21 janvier 2025.
Lors d’une réunion de crise tenue à Minova le 20 janvier, une vingtaine d’organisations humanitaires nationales et internationales ont décidé de mettre leurs opérations en stand-by pour une durée de 72 heures.
Cette décision, motivée par la volatilité persistante du contexte sécuritaire, paralyse temporairement les interventions sur le terrain, notamment dans les zones les plus durement touchées comme Minova, Kalungu, et les Hauts Plateaux de Kalehe. Les axes routiers essentiels, tels que Minova-Nyabibwe, sont désormais partiellement accessibles, et les mouvements restent soumis à des contrôles stricts.
En outre, des partenaires humanitaires ont été directement ciblés par des actes criminels. Entre le 12 et le 19 janvier, un centre de protection pour enfants non accompagnés à Minova a été victime de deux cambriolages successifs, contraignant son opérateur à fermer temporairement ses portes.
Alors que les combats s’étendent vers les Hauts Plateaux de Kalungu et Bweremana, la suspension des activités humanitaires menace d’aggraver une crise déjà hors de contrôle. Les organisations sur place appellent à des garanties de sécurité pour reprendre leurs interventions et venir en aide à une population en détresse, dont la majorité est composée de femmes et d’enfants.
Par Jospin Kanane

