Le projet de « renforcement de la participation des groupes marginalisés à travers les agendas 1325 et 2250 » a été lancé ce mercredi 22 mai 2024 par l’organisation Vision de Femmes pour le Développement Endogène (VIFEDE). Ce projet met en évidence les efforts et la participation de couches sociales souvent mises de côté dans les questions de prévention ou de résolution de conflits, selon la présidente de cette structure de femmes.
Les activités de lancement de ce projet ont eu lieu ce mercredi au centre Rudolphe en ville de Goma. Ceci marque aussi le début d’un atelier de renforcement des capacités s’étendant sur quatre jours. Durant cet atelier, les participants seront outillés sur les agendas 1325 et 2250 des Nations Unies, qui traitent de la participation des femmes et des jeunes dans la résolution et la prévention des conflits.
Madame Anriette AKYOMBO, présidente de l’organisation Vision de Femmes pour le Développement Endogène (VIFEDE), espère que pendant ces quatre jours, les participants seront suffisamment informés des agendas 1325 et 2250.
« VIFEDE, avec d’autres organisations de la société civile qui prennent en charge les personnes vivant avec un handicap, les personnes malvoyantes, nous allons nous efforcer de mettre nos efforts en commun pour que ces agendas soient bien compris par ces populations. L’agenda 1325 parle de la femme, paix et sécurité, et l’agenda 2250 parle de la jeunesse, paix et sécurité. »
Un double besoin auquel ce projet répond
Pour les bénéficiaires de cet atelier, l’inclusion de personnes vivant avec un handicap est non seulement un soulagement, mais aussi une force supplémentaire dans les efforts de prévention des conflits en province du Nord-Kivu.
Lukoo Cécile, une femme non voyante, participe à cet atelier. Pour elle, c’est aussi une occasion de porter haut la voix des personnes malvoyantes qui « semblent avoir été oubliées ».
« Nous remercions d’abord la VIFEDE d’avoir pensé à nous. Nous faisons partie d’une catégorie de personnes les plus discriminées, voilà pourquoi c’est une très bonne chose d’avoir pensé à renforcer nos capacités. Nous, les personnes malvoyantes, faisons face à beaucoup de défis, même le gouvernement semble nous avoir oubliées ici au Nord-Kivu, et même nos familles nous écartent le plus souvent. »
Cette satisfaction est partagée par Jean Pierre Basolene, coordinateur provincial de l’organisation « Compassion Albinos », qui est une structure encadrant les personnes atteintes d’albinisme au Nord-Kivu.
« Les personnes atteintes d’albinisme font aussi partie des personnes marginalisées. Et cet atelier tombe à point nommé d’autant plus que cette catégorie de personnes est oubliée jusqu’au niveau mondial même », a-t-il déclaré, tout en félicitant la VIFEDE pour l’initiative.
Ce projet de renforcement de la participation de groupes marginalisés dans la prévention des conflits à travers les agendas 1325 et 2250 sera exécuté sur six mois et parmi les organisations qui l’accompagnent figure ONU Femmes.
Meschac Tsongo

