Entre une selection genrée dans le Festival Goma Rire et la distinction de femmes humoristes en Afrique

La ville de Goma a accueilli dimanche 12 Mai 2024 le grand gala du festival Goma Rire. Cela après deux jours, le vendredi et samedi de spectacles de soutenance publique de nouveaux étudiants humoristes de Goma Rire Académique.

Pour cette édition, l’inclusion féminine était au rendez-vous comparativement aux éditions précédentes, selon le constat de nos reporters sur place.

La quatrième édition n’avait connu que la participation de deux femmes. Cette nouvelle édition a vu une augmentation de la participation féminine, avec la présence de quatre femmes, dont deux d’entre elles au grand gala : Prisca The Drucker, originaire de Goma ville et Abelle Boala de Kinshasa.

Le genre et la méritocratie

Unis pour divertir leur public à travers le rire, le choix de femmes qui ont presté a ce festival n’est pas simplement justifié par leur genre, mais par le talent et le travail acharné de ces ces humoristes venues de differentes villes de la RDC ou encore d’autres pays d’Afrique.

Prisca The Drucker, l’une de plus grandes figures de l’humour à Goma, a su captiver son public avec un humour inspiré de la société actuelle, mettant en lumière la quête de validation sur les réseaux sociaux, Tik-Tik a l’occurrence.

Avec sa phrase magique « Tapotez, Tapotez, partagez et likez » Prisca a emballé le public dans le Rire. C’est grâce à sa réputation «d’ivrogne sur scène» qu’elle utilise pour son humour et qui, au fil des années, lui doit sa notoriété.

La celebre Abelle Bowala venue de Kinshasa et Huguette Aurore, une Burundaise laureate du prix Goma Rire Académie, ont abordé des sujets sensibles liés aux femmes en général et aux jeunes filles en particulier, soulignant les difficultés qu’elles rencontrent en tant qu’humoristes.

« C’est dure d’être humoriste, en même temps femme encore marié et burundaise, suite aux préjugés des gens , ça n’a pas été facile d’arriver où nous nous en sommes aujourd’hui, mais nous avons travaillé, d’abord parce que l’humour ça s’apprend. Après avoir découvert que l’on a du talent il faut savoir le cultiver, lire des livres, faire des recherches en suivant d’autres humoristes. Moi je lis plusieurs livres, je suis des spectacles pour y arriver » à déclaré Huguette Aurore tout en invitant d’autres femmes à emboiter ses pas.

Abelle Bowala a dénoncé les violences faites aux femmes, en particulier dans la partie Est de la RDC. Elle a par la suite encouragé les jeunes filles à se battre pour leurs droits.

« En tant Que femme, moi sa m’attriste parce que personne n’est peut accepter de voir que son pays soit toujours au centre des violences faites aux femmes. Moi en tant que femme je ne peux que dénoncer haut et fort ces genres de pratique , en tant que femme dans métier il faut juste tenir tête aux hommes et travailler son talent, travailler sa personnalité si Non on se fera très rapidement passer pour des jugements du genre. Les femmes ne sont pas fières, mais moi je suis là preuve que la femme peut s’imposer dans ce métier, et je suis là jusqu’à et je pas l’idée d’abandonner » À t-elle laissé attendre .

L’humour en Afrique

Des initiatives comme le festival Goma Rire mettent en lumière les talents des artistes en Afrique. L’humour aux côtés du Sport est actuellement un moyen pour cultiver la cohesion entre les peuples, surtout dans la region de Grands Lacs.

Chaque année, des spectacles sont organisés et réunissent plusieurs nationalités autour du rire ou du sport et cela pourrait être un pas vers le renforcement de bonnes relations entre ces pays.

Le festival Goma Rire depuis sept ans, continue d’innover. Pour cette année, non seulement il a étendu des horizons, avec notamment la representation du Togo par Jocelyn Dogbo, mais aussi pour une grande visibilité au niveau international, le grand gala sera diffusé en intégralité sur Canal plus.

Auteur/autrice

  • Ange KAHEMULO

    Journaliste engagée dans la lutte contre les violences basées sur le genre et œuvre activement pour sensibiliser et informer sur ces problématiques. Fact-checker et licencié en communication, il est passionnée par l’écriture et le journalisme web. Il s’intéresse particulièrement à l’actualité et au respect des droits des femmes.

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